Restauration écologique du fleuve Sélune

Compréhension des mécanismes de restauration écologique d’un cours d’eau suite au démantèlement de barrages

Le programme
Un projet scientifique unique en Europe

Un projet scientifique unique en Europe

Suite au non-renouvellement de la concession pour l’exploitation hydroélectrique des barrages de Vezin et de la Roche-Qui-Boit sur la Sélune, le Ministère de l’Ecologie a décidé leur suppression en 2009 avec pour objectif la restauration de la continuité écologique terre-mer sur ce bassin versant dans le cadre de l’application de la DCE et du Grenelle de l’environnement (trame bleue).
Un programme scientifique interdisciplinaire sur 16 ans (avant et après démantèlement des barrages) a été initié sous la coordination de l’Inra. Les chercheurs suivent la restauration écologique du cours d’eau, afin de caractériser les processus physiques, chimiques et biologiques mis en œuvre et d’accompagner les changements sociétaux qui vont s’opérer. Les échelles d’études sont multiples, cascadant du paysage jusqu’aux éléments chimiques.
Ce programme a pour objectif de produire un retour d’expérience complet et d’apporter de réelles recommandations pour les gestionnaires dans la restauration des cours d’eau.

La continuité écologique dans les écosystèmes aquatiques

Par rupture des continuités écologiques, les barrages sont à l’origine de modifications significatives du régime hydrologique, de la température de l’eau et des flux biologiques et biogéochimiques. De nombreux ouvrages hydroélectriques construits au début des années 1910-1920 sont désormais vieillissants, présentant des problèmes de sécurité et de rentabilité. Dans ce contexte, les projets de démantèlement sont de plus en plus nombreux dans le monde. Afin d’évaluer le succès de telles opérations en termes de restauration, les suivis scientifiques sont nécessaires et une dynamique internationale sur cette problématique est en plein essor.
Les Etats-Unis ont mené la politique la plus active de démantèlement de barrages jusqu’à présent. Cependant, un faible pourcentage de ces opérations a fait l’objet de suivis scientifiques, et la majorité de ceux-ci ont concerné l’enlèvement de petits barrages (<15 m).
En France, l’enlèvement de barrage n’a jusqu’à présent été véritablement documenté scientifiquement alors que trois grands barrages ont été effacés entre 1996 et 1998 en Bretagne sur le Léguer et sur le bassin de Loire.

Les enjeux de la restauration écologique de la Sélune

Le cas d’étude sur la Sélune est unique en Europe par la hauteur des deux barrages (16 et 36 m) situés près de l’océan et par leur emprise sur le cours d’eau (20 km ennoyés, soit environ 25% du linéaire total), dans un bassin versant à forte dominante agricole (polyculture-élevage, production laitière majoritaire). Le programme scientifique sous la coordination de l’INRA et de l’AFB doit permettre :
1. d’analyser les mécanismes de restauration écologique du fleuve, sur ce territoire en transition.
2. de faire de ce site pilote une référence scientifique
3. un retour d’expérience sur le devenir des barrages vieillissants au niveau mondial.
Les actions menées dans le cadre de ce programme sont majoritairement financées par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN), l’AFB et les organismes de recherche impliqués.

Les enjeux de la restauration écologique de la Sélune

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