Organisation

Les travaux de recherche ont débuté en 2012. Une convention entre l’INRA, l’AESN, l’AFB, la FNPF, l’Etat et EDF inscrit ces travaux jusqu’en 2027. Ils s’organisent en trois grandes thématiques :

– la dynamique du territoire et ses trajectoires

– la dynamique fluviale et la qualité de l’eau

– les biocénoses, leurs fonctionnement et évolution

Actuellement, six projets de recherche sont en cours.

 

La dynamique du territoire et ses trajectoires

Les principales questions : Comment le projet de restauration écologique de la Sélune est -il perçu par les habitants et les usagers de la vallée, de la rivière et des lacs ? Quels sont les critères déterminant pour sa réussite ? Quels changements pour l’agriculture et les paysages ?exemple d'analyses par télédétection. Ici, quantification de la couverture végétale sur des images drones acquises à deux périodes différentes (hiver et printemps 2015)

L’évolution des paysages est suivi grâce à un observatoire photographique du paysage (OPP) depuis 2013.Il regroupe 90 points d’observation répartis sur l’ensemble du bassin de la Sélune, photographiés à chaque saison. Ce travail est mené en partenariat avec le Syndicat mixte du bassin de la Sélune.

Plus largement, l’évolution des paysages depuis les années 50 est caractérisée par télédétection (images satellites, images acquises par survol de drone et de Lidar). Des enquêtes sur les pratiques agricoles viennent compléter l’analyse pour comprendre les liens entre agriculture et paysages sur la vallée de la Sélune.

Les usages et représentations des acteurs sur ce territoire ont également été étudiés. Les discours des habitants et usagers ont été analysés pour cerner les craintes et les attentes vis-à-vis du projet de restauration.

Enfin, la controverse née de la gouvernance du projet d’arasement dès son annonce a été décryptée. Ce travail a permis d’identifier les blocages, les interruptions et les épreuves traversées au cours du dialogue. Cette conflictualité a été comparée avec des opérations similaires dans le Nord-Ouest de la France et sur la côte Est des Etats-Unis. Les facteurs de réussite ou d’échec de telles opérations sont ainsi éclairés.

Pour en savoir plus : https://selune.hypotheses.org/

 

Dynamique fluviale et qualité de l’eau

Les principales questions : Quel sera l’impact de l’ouverture des barrages sur les flux d’eau, de sédiments et d’éléments chimiques ? La géomorphologie, la forme du fleuve Sélune va-t-elle changer ?

Station de mesure en aval des barrages / prélèvements d'eau pour analyses chimiques en laboratoire

Les barrages constituent des barrières physiques aux flux d’eau, de sédiments et d’éléments chimiques dissous. Il est nécessaire de bien connaitre ces flux pour comprendre les changements associés à l’effacement des barrages.

Notamment, il faut identifier l’origine des flux et mesurer leur intensité pour savoir interpréter les processus de transfert, le rôle des conditions hydrodynamiques et de la variabilité saisonnière ou exceptionnelle (crues). Les paramètres de débit, turbidité, teneurs en éléments sont suivis à l’aide de sondes automatiques déployées à l’amont et à l’aval actuel des barrages de la Sélune.

Enfin, les conséquences sur la forme et la stabilité du lit de la rivière font aussi parties des questions centrales sur les suites de l’arasement. Les dynamiques géomorphologiques et le transport de sédiments sont suivis par des notamment par imageries LIDAR et traçage électronique (PIT-tag) des éléments grossiers.

Ces paramètres font l’objet d’un suivi particulier au sein de l’observatoire Sélune.

 

Biocénoses, fonctionnement et évolution

Les principales questions : Quel est l’impact de l’effacement des barrages sur la vie dans la rivière et sur les berges ? Comment la vie végétale et animale, aquatique et terrestre va-t-elle se réorganiser ?

Pêche électrique sur la Sélune

L’objectif ici est de comprendre les processus biologiques de restauration des écosystèmes suite à l’enlèvement des barrages. Les organismes photosynthétiques (phytoplancton, biofilm et macrophytes), les macro-invertébrés aquatiques dont les écrevisses, les poissons diadromes faisant des migrations entre rivière et océan, et la végétation riparienne sont particulièrement ciblés.

La dynamique spatiale (amont et aval des barrages, cours d’eau et berges) et temporelle de recolonisation fait l’objet d’un suivi particulier au sein de l’observatoire Sélune.

Le retour des espèces migratrices sur la Sélune (saumon Salmo salar, lamproies marine Petromyzon marinus et fluviatile Lampetra fluviatilis, aloses Alosa sp. et anguille Anguilla anguilla) sera particulièrement spectaculaire. Le risque de dissémination d’espèces invasives (dont l’écrevisse Pacifastacus leniusculus) représente aussi un enjeu considérable. Des suivis sont effectués par pêches électrique, piégeage, ADN environnemental, caméra acoustique et radiopistage.

Enfin, les relations entre les différents compartiments du vivant, des microorganismes aux poissons, sont mises à l’étude. L’objectif est d’identifier les mécanismes plus complexes qui sous-tendent la réorganisation des communautés, aquatiques et rivulaires, après arasement.