Thème Dynamique fluviale et hydrosystème

Les barrages constituent une barrière physique affectant diversement les flux hydriques, sédimentaires et chimiques, ainsi que la géomorphologie du fleuve Sélune. Une bonne connaissance des flux, actuels et futurs, permet de mettre en évidence par comparaison l’intensité des perturbations apportées par l’ouverture des barrages. Cette connaissance passe par une quantification précise des flux mesurés, mais aussi par la compréhension de leur dynamique (origine des flux, processus de transfert et conditions hydrodynamiques, variabilité saisonnière et événementielle) afin de distinguer leurs déterminants climatiques des conséquences de l’arasement des barrages. L’impact des barrages sur la géomorphologie de la Sélune ne se réduit pas à la zone ennoyée en amont. Leur rôle dans la régulation des débits et du transport solide a des conséquences directes, particulièrement à l’aval, sur les processus fluviaux et les structures sédimentaires grossières, qui façonnent la morphologie actuelle du lit. Les réservoirs créés dans la zone ennoyée sont également susceptibles d’affecter les flux aval par des processus de mélange (température, concentrations) et des processus biologiques (prélèvements/production d’éléments chimiques) dans les retenues.

Figure 1 : Volets d’étude du groupe flux (sédimentaires, hydriques, chimiques), géomorphologie et habitats.
Figure 1 : Volets d’étude du groupe flux (sédimentaires, hydriques, chimiques), géomorphologie et habitats.

Ce thème du programme est étudié en trois volets interdépendants :

Ces trois volets participeront également à un axe transversal au programme visant à relier les informations obtenues sur le milieu physique avec la caractérisation et l’évolution des habitats pisciaires (UE INRA 1036 – U3E et UMR INRA-Agrocampus Ouest 0985 – ESE).

Méthodes

Figure 2 : Station aval des barrages du pont de Signy – Prélèvement manuel sur la station amont du pont de Virey.
Figure 2 : Station aval des barrages du pont de Signy – Prélèvement manuel sur la station amont du pont de Virey.

Pour mener à bien ce thème, plusieurs méthodologies sont mises en œuvre :

  • Les flux hydriques, chimiques et sédimentaires sont mesurés à l’amont et à l’aval des barrages en quasi-continu sur 2 stations. Des stations intermédiaires, où plusieurs paramètres physico-chimiques sont suivis également et gérées par EDF viennent compléter le dispositif de suivi des flux.
  • Les dynamiques géomorphologiques et le transport des sédiments sont mesurées par des campagnes de terrain, de lidar aéroporté et terrestre, de traçages par Pit-tag (transpondeurs passifs) et de vélocimétrie.
    Figure 3 : Traçage de galets par Pit-tags.
    Figure 3 : Traçage de galets par Pit-tags.
  • Les échanges nappe/rivière sont suivis par le suivi des niveaux d’eau et des profils de température sur un transect de piézomètres et par l’installation des sondes et d’une fibre optique dans le lit de la rivière.
    Figure 4 : Mise en place de trois piézomètres sur le site du pont de Signy.