Thème Ripisylve, paysage et agriculture

Le thème “paysage et ripisylve” se focalise sur les transformations des paysages agricoles et de la végétation riparienne (ou ripilsyve) suite à la mise en place des barrages, de leurs vidanges, et de leur potentiel effacement. Il est attendu suite aux travaux d’effacement, de nouvelles conditions hydrologiques qui peuvent modifier la végétation riparienne et les continuités écologiques dans lesquelles cette végétation est impliquée, des zones rivulaires au paysage plus largement.
D’autre part, des changements de pratiques agricoles (ex. allocation des cultures, mode de gestion des haies) peuvent survenir en réponse à la fois à des modifications de la végétation de berge et à des transformations des exploitations agricoles (ex. évolution des systèmes agricoles et des parcellaires). Ces changements dans les pratiques peuvent à leur tour impacter les paysages et la végétation riparienne. Les interactions ripisylve/paysage/pratiques agricoles et leurs modifications sous l’effet des opérations d’effacement se placent donc au cœur de la réflexion de ce thème. Ces travaux permettront dans une seconde phase de définir des zones d’observatoire pour le suivi des évolutions des paysages suite au démantèlement des barrages.

Paysages

Fig. 1 : germination sous serre des graines contenues dans les sédiments de la Sélune (banque de graine) pour l'identification des différentes espèces.
Fig. 1 : germination sous serre des graines contenues dans les sédiments de la Sélune (banque de graine) pour l’identification des différentes espèces.

L’étude comprend une caractérisation de l’évolution des paysages depuis les années 50 jusqu’à nos jours, à l’aide de données de télédétection notamment. Il s’agit de repérer si des zones se dégagent en termes d’homogénéité ou d’hétérogénéité spatio-temporelle (en considérant les bois, les cultures, les prairies et le bâti) et d’observer les connectivités structurelles entre les haies, les éléments boisés et/ou prairiaux. L’étude est réalisée à différentes échelles temporelles et spatiales et permettent de mettre en évidence d’éventuelles émergences de dynamiques agricoles, urbaines ou forestières. Une attention particulière est portée sur les dynamiques agricoles récentes. Il s’agit de caractériser et comprendre la contribution des exploitations agricoles à la gestion des paysages de la vallée de la Sélune. L’analyse porte, en particulier, sur le rôle des zones proches de cours d’eau dans la gestion territoriale et la production actuelles et passées des exploitations agricoles. Ces connaissances sont produites à l’aide d’enquêtes auprès des agriculteurs et d’observations de terrain. Elles seront mises en relation avec la cartographie des évolutions du paysage. En parallèle, des relevés de végétation en parcelles (en céréales et prairies) et en bordures de champs permettent de caractériser la diversité floristique des paysages agricoles. Des relevés de végétation sont réalisés plus spécifiquement en zones de fonds de vallée à l’interface avec les ripisylves. Ces données seront mises en relation avec les données sur les pratiques et dynamiques agricoles et l’évolution des paysages afin de mettre en évidence les facteurs qui déterminent la biodiversité observée.

Ripisylve

Fig. 2 : exemple de résultats après analyses des images fournies par le vol d'un drone ; Evolution du couvert végétal entre mars (a) et mai (b) 2015.
Fig. 2 : exemple de résultats après analyses des images fournies par le vol d’un drone ; Evolution du couvert végétal entre mars (a) et mai (b) 2015.

Il s’agit dans un premier temps d’identifier le potentiel de colonisation de la végétation via la caractérisation des graines contenues dans les sédiments (banque de graines) (Fig. 1), transportées par les flux de sédiments venant des zones amont, et via celle de la « pluie de graines » provenant de populations végétales sources implantées sur les bords et les versants du cours d’eau.

Il s’agit dans un second temps de suivre le développement de la végétation riparienne dans la partie dénoyée par l’arasement des barrages. Le suivi est par des relevés terrain et par télédétection (Fig. 2). Les études réalisées sur la Sélune sont menées en parallèle avec celles effectuées sur ses affluents afin de mettre en évidence le rôle du paysage sur la communauté végétale en bord de cours d’eau. Ainsi, l’importance relative du paysage et des facteurs environnementaux sur la composition et la dynamique de la végétation en bords de cours d’eau pourra être appréhendée.

Par ailleurs, des placettes permanentes de suivi de la réponse physiologique des espèces arborées sont mises en place. La réponse de la végétation en terme de croissance sera évaluée par dendrochronologie cinq ans après la suppression des barrages.