Observatoire Sélune

Observatoire Sélune

Le programme scientifique Sélune, conduit depuis 2012, a pour objectif de fournir un retour d’expérience sur l’effacement du barrage de la Sélune. Cette opération de restauration unique en Europe nécessite un suivi environnemental sur le long terme avant, pendant et après le démantèlement. L’observatoire Sélune est chargé de mesurer les divers paramètres environnementaux suivis et de mettre à disposition les données collectées et traitées.

 

 

 

Objectifs

La construction d’un barrage entrave la circulation de l’eau, des sédiments et des organismes aquatiques et rivulaires, modifiant alors fortement les écosystèmes. A l’inverse, son effacement devrait restaurer leur fonctionnement naturel en rétablissant la continuité écologique entre la source, l’estuaire et l’océan.

Afin de suivre cette remise en continuité sur la Sélune, les scientifiques ont mis en place un observatoire de données environnementales. Il permettra de mesurer la dynamique selon laquelle vont se rétablir les flux, qu’ils soient hydriques, sédimentaires, chimiques ou biologiques.

L’observatoire Sélune a pour mission d’assurer :

  • La collecte de paramètres environnementaux
  • Le traitement de ces paramètres
  • La mise à disposition des données à l’ensemble des scientifiques impliqués dans le programme Sélune et au grand public

 

Paramètres suivis par l’Observatoire Sélune

Un barrage hydroélectrique a des répercussions multiples et imbriquées sur :

  • les conditions abiotiques : régimes hydrologiques, chimie et température de l’eau, transport de matière solide (dont les sédiments fins)

  • les biocénoses aquatiques et rivulaires, qui sont impactées par les changements d’habitat (conditions abiotiques) et par la rupture de la continuité écologique. Celle-ci affecte le mouvement des animaux et la dispersion des végétaux, aquatiques et terrestres aux abords de la rivière.

 

L’Observatoire Sélune doit précisément rendre compte de la dynamique des paramètres suivants :

  • Les flux hydriques, chimiques et sédimentaires

  • L’hydrogéomorphologie du fleuve

  • Les migrateurs amphihalins

  • Les écrevisses invasives

  • Les macroinvertébrés benthiques

  • Le biofilm photosynthétique

  • Les macrophytes

  • La végétation rivulaire

 

Flux hydriques, chimiques et sédimentaires : vers des habitats plus accueillants ?

La présence des barrages impacte fortement les flux hydrologiques, sédimentaires fins et grossiers, et chimiques, alors que ces paramètres jouent un rôle majeur sur la qualité des habitats pour les communautés aquatiques. De plus sur la Sélune, le démantèlement s’accompagne d’une gestion spécifique des sédiments pour éviter un transfert massif de sédiments vers l’aval.

Calibration d'un des turbidimètres (sonde qui mesure la turbidité de l'eau) installés sur la Sélune
Calibration d’un des turbidimètres (sonde qui mesure la turbidité de l’eau) installés sur la Sélune

L’observatoire suit les flux hydriques, chimiques et sédimentaires à l’aide de sondes et de prélèvements d’eau effectués régulièrement de l’amont à l’aval, afin de mesurer les concentrations en matière en suspension et en éléments dissous.

Prélèvement d'eau pour analyses en laboratoire, et relevé des sondes automatiques
Prélèvement d’eau pour analyses en laboratoire, et relevé des sondes automatiques

 

Macroinvertébrés benthiques  : un bioindicateur

Les macroinvertébrés benthiques sont l’une des communautés écologiques d’eau douce les plus sensibles aux conditions environnementales, ce qui leur confère une qualité de bioindicateur.

L’observatoire suit ces macroinvertébrés pour observer la dynamique de leur communautés en lien avec l’effacement des barrages :

  • L’évolution de ces communautés avec les modifications des flux hydriques et sédimentaires à l’aval des barrages

  • Leur possible installation dans l’ancienne zone des lacs, qui fournit des nouveaux habitats lotiques disponibles

 

Migrateurs amphihalins : la reconquête de l’amont ?

L’effacement des barrages de la Sélune va profondément modifier la distribution des espèces piscicoles à l’échelle du bassin versant. En particulier, les poissons migrateurs amphihalins vont pouvoir à nouveau circuler de part et d’autre des anciens barrages. Des inventaires par pêche électrique sont effectués chaque année, sur le cours principal et dans les principaux affluents de la Sélune, pour rendre compte du rétablissement des flux biologiques.

Inventaire par pêche électrique
Inventaire par pêche électrique

Les espèces porteuses d’un enjeu fort en écologie de la conservation sont en particulier suivies :

  • anguille européenne,

  • lamproie marine et fluviatile

  • saumon atlantique

  • truite de mer

 

Des suivis sont également réalisés sur les conséquences directes de l’effacement des barrages et du rétablissement des flux. Plusieurs communautés dont l’assemblage dépend fortement des conditions hydrodynamiques et de la qualité d’eau (comme les macrophytes, les macroinvertébrés benthiques, et le biofilm photosynthétique) sont suivis plusieurs fois par an.

Végétation rivulaire : quelle recolonisation ?

Un des 9 quadrats (surface d'un 1m²) dans lesquels sont identifiées et comptées les espèces végétales sur chacune des stations de la Sélune
Un des 9 quadrats (surface d’un 1m²) dans lesquels sont identifiées et comptées les espèces végétales sur chacune des stations de la Sélune

La disparition des lacs de retenue entraîne une mise à nu des anciennes berges et donc une recolonisation de celles-ci par la végétation. Les espèces recolonisatrices et la vitesse de végétalisation des berges sont aussi caractérisées au sein de l’observatoire.

 

Ecrevisses signal : un risque d’invasion ?

L’écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus) est présente sur le bassin-versant de la Sélune, mais absente dans certains affluents de la Sélune. La dissémination de cette écrevisse invasive et porteuse de la “peste de l’écrevisse” semble actuellement entravée par la présence des lacs de retenue.

L’observatoire suivra la distribution de l’écrevisse signal tous les ans sur l’ensemble du bassin après l’effacement des barrages.

Organisation de l’Observatoire Sélune

L’Observatoire Sélune est un travail collectif où collaborent des personnels scientifiques INRAE et CNRS :

  • UMR ESE (INRAE/Agrocampus-Ouest)
  • UMR SAS (INRAE/Agrocampus-Ouest)
  • UMR Géosciences (CNRS/Université Rennes 1)
  • UMR LETG (CNRS/Université Rennes 2 et de Caen)
  • Unité Expérimentale U3E (INRAE)

 

Le suivi environnemental est coordonné par :

  • L’Unité Expérimentale U3E, pour les biocénoses
  • L’Unité Mixte de Recherche SAS, pour les paramètres abiotiques (physicochimie et géomorphologie)
INRA Science et Impact - Écologie et Santé des Écosystèmes de la source à l'océan CNRS          AESN

 

L’observatoire Sélune bénéficie du soutien financier de l’Agence de l’eau Seine Normandie.

Système d’information (SI) de l’Observatoire Sélune

Un système d’information (SI) sera mis en place afin de répondre aux missions de mises à disposition des données de l’Observatoire. Porté par la cellule de coordination du programme, le SI s’adresse :

  1. aux scientifiques associés au programme Sélune,
  2. au grand public