Observatoire

La construction de barrages modifie fortement les rivières et leur environnement. Leur démantèlement a pour objectif de restaurer le fonctionnement de ces écosystèmes en rétablissant la continuité écologique, c’est-à-dire la libre circulation de l’eau et des éléments qu’elle contient entre la source et l’estuaire.

Les scientifiques ont mis en place un observatoire afin de suivre cette remise en continuité sur la Sélune, et de mesurer la dynamique selon laquelle vont se rétablir les flux, qu’ils soient hydriques, sédimentaires, chimiques ou biologiques.

Calibration d'un des turbidimètres (sonde qui mesure la turbidité de l'eau) installés sur la Sélune

 

Les flux hydriques, chimiques et sédimentaires sont suivis à l’aide de sondes, et des prélèvements d’eau sont effectués régulièrement de l’amont à l’aval afin de mesurer les concentrations en matière en suspension et en éléments dissous.

Prélèvement d'eau pour analyses en laboratoire, et relevé des sondes automatiques

 

Des inventaires par pêche électrique sont effectués chaque année pour rendre compte du rétablissement des flux biologiques (notamment des poissons migrateurs tels que l’anguille européenne, la lamproie marine ou le saumon atlantique) sur le cours principal, mais aussi dans les affluents de la Sélune.

Inventaire par pêche électrique

 

Des suivis sont également réalisés sur les conséquences directes de l’effacement des barrages et du rétablissement des flux. Plusieurs communautés dont l’assemblage dépend fortement des conditions hydrodynamiques et de la qualité d’eau (comme les macrophytes, les macroinvertébrés benthiques, et le biofilm photosynthétique) sont suivis plusieurs fois par an. Par ailleurs, la disparition des lacs de retenue entraîne une mise à nue des anciennes berges et donc une recolonisation de celles-ci par la végétation. Les espèces recolonisatrices et la vitesse de végétalisation des berges sont aussi caractérisées au sein de l’observatoire.

Un des 9 quadrats (surface d'un 1m²) dans lesquels sont identifiées et comptées les espèces végétales sur chacune des stations de la Sélune

 

Enfin, la distribution de l’écrevisse signal (espèce invasive) est suivie tous les ans sur l’ensemble du bassin.