Reconfiguration des collectifs et projet de territoire. La Sélune…

Coordinateur(s)

Marie-Anne Germaine (Université Paris Nanterre, UMR LAVUE 7218 CNRS)

Contexte et problématique

En 2009, le gouvernement a annoncé la suppression des barrages de la Sélune précisant que « cette opération [devait être] exemplaire et constitue[r] un véritable plan de mise en valeur de la vallée ». Alors que le chantier de démolition du barrage de Vezins a débuté durant l’été 2019, le territoire de la vallée de la Sélune s’apprête à entrer dans une phase de transition durant laquelle les acteurs locaux vont devoir construire un nouveau projet. Le projet de recherche vise à suivre, pendant la période 2019-2021, la mobilisation des acteurs et la définition d’un projet de territoire. Les deux points forts résident dans le suivi de la construction de collectifs d’acteurs (opposants ou promoteurs de l’effacement des barrages) à différentes échelles et la mise en perspective du cas de la Sélune avec d’autres projets notamment nord-américains.

Objectifs

A la suite de la réalisation d’un état initial rendant compte de la controverse liée au projet d’effacement des barrages de la Sélune, ce projet vise à suivre la reconfiguration des collectifs d’acteurs au moment où la vallée entre dans une phase de transition devant déboucher sur un projet « exemplaire ». Il s’agit d’abord (A) d’analyser à l’échelon local le processus de construction d’un nouveau projet de territoire en suivant la transformation des collectifs existants déjà enquêtés avant travaux mais aussi l’émergence de nouveaux collectifs ou l’éventuelle mobilisation locale de collectifs géographiquement proches (Baie) ou extérieurs en faveur du démantèlement des barrages (ONG par exemple). Nous proposons en particulier d’enquêter le rôle des collectifs existants dans la partie aval de la vallée, l’emblématique baie du Mont Saint-Michel, jusque-là peu enquêtée mais qui abrite des acteurs qui pourraient s’investir dans cette opération. (B) La place de cette opération d’ampleur inédite sera également analysée à l’échelle nationale et internationale. Il s’agit à la fois de voir comment les réseaux agissant à des échelles plus larges interviennent dans la définition d’un projet local et inversement comment l’exemple de la Sélune alimente le débat national sur la restauration écologique des cours d’eau. Enfin (C), nous proposons de mettre en perspective le cas de la Sélune avec des démantèlements et réaménagements de barrages de dimensions comparables en France (Poutès) et aux Etats-Unis (Kennebec, Pennobscot, …), où la politique d’effacement de barrages est la plus active. Il s’agit d’apporter un éclairage extérieur à partir d’exemples concrets de reconfiguration des jeux d’acteurs, des paysages de la rivière restaurée et de leur réappropriation (ou non) par les populations riveraines après l’arasement. Cette étude comparative peut nourrir la réflexion sur le projet de territoire en cours d’élaboration.

Méthodologie

Le travail repose sur un travail d’enquête (entretiens, focus group), une démarche d’observation participante ainsi qu’un travail d’analyse des documents de communication sur différents supports (films, presse, réseaux sociaux,…)

Laboratoires impliqués

Laboratoire LAVUE UMR 7218 CNRS (Université Paris Nanterre), Laboratoire de Géographie Physique UMR 8591 CNRS (Université Paris Est Créteil), Laboratoire EVS 5600 CNRS (ENS Lyon), Nelson Institute (Madison-Wisconsin University)