Rôle des espèces ingénieures dans la restauration des habitats

Rôle des espèces ingénieures (lamproie marine et saumon) dans les processus sédimentaires et la restauration des habitats aquatiques  

Coordinateur(s)

Anne Julia Rollet (UMR LETG) et Emilien Lasne (UMR ESE)

Contexte et problématique

L’arasement des barrages de la Sélune a pour objectif restaurer les écosystèmes aquatiques dans le bassin versant et les populations animales et végétales aquatiques. Une des conditions du succès de l’opération est la réapparition de formes fluviales diversifiées et d’habitats aquatiques diversifiés. Idéalement, le cours d’eau reprendrait son tracé et sa dynamique initial, mais la nécessaire gestion des sédiments a impliqué des interventions humaines de degrés variables selon les secteurs, avec des conséquences probables sur la morphologie du cours d’eau (sinuosité, géométrie) et sur la nature du substrat du lit (granulométrie). La lamproie marine et le saumon, candidats à la recolonisation, façonnent le substrat des cours d’eau en construisant des nids où ils déposent et recouvrent leurs œufs. Cette activité pouvant significativement et durablement modifier la répartition des sédiments dans les zones de reproduction et augmenter la complexité des habitats aquatiques.

La réouverture de la partie amont de la Sélune aux poissons migrateurs offre une occasion unique pour caractériser les relations poissons-géomorphologie et préciser le rôle d’espèce ingénieur de ces organismes et leur contribution à la renaturation de la Sélune.

Objectifs

Ce projet vise d’une part à identifier et caractériser les habitats de reproduction potentiels dans les parties dénoyées et leur qualité vis-à-vis des lamproies et des saumons et d‘autre part à caractériser le rôle de ces espèces dans les processus morphogènes et les flux sédimentaires.

Méthodologie

Des protocoles propres à la fois à la géomorphologie fluviale (traçage sédimentaire par transpondeurs passifs, granulométrie, mesures de vitesses, de géométries du chenal) et au suivi de la reproduction des poissons (localisation et abondance des nids) seront déclinés sur plusieurs sites (I) en aval des barrages (comparaison des fréquences de mise en mouvement et distances de migration de ces traceurs selon leur mobilisation ou non lors de la fraie), (II) dans l’ancienne retenue des barrages afin d’identifier puis caractériser des sites potentiels de fraie, évaluer la résilience morphologique du chenal puis suivre des zones potentielles de fraie et leur conséquence sur la dynamique sédimentaire grossière après l’effacement.

Laboratoires impliqués

Université Rennes 2 (Département de Géographie ) / UMR 6554  LETG

UMR ESE  Agrocampus Ouest-INRA Centre Bretagne-Normandie